Le sport, thérapie contre le diabete et le vieillissement

mercredi 14 octobre 2015

Le 3 octobre dernier, le CROS de basse Normandie avait invité le monde sportif …et médicale lors de ses rencontres annuelles, dont le thème  concernait le sport et l’activité physique comme moyen thérapeutique, en particulier contre le diabète et le vieillissement.

C’est dans l’enceinte prestigieuse  de l’ancienne  salle du réfectoire à la Mairie de Caen que tous ces acteurs du sport, de l’activité physique et de la santé se sont retrouvés pour écouter témoignages et débattre de cette problématique d’actualité.

Aristide  Olivier, maire adjoint de la ville, chargé des sports, m’a pas manqué  de rappeler son soutien à de telles démarches, d’autant plus de la ville  va  lancer un programme sport santé à destination de son personnel.

Michel Tirel, président du CROS a rappelé l’importance du sport santé  dans la politique régionale du CROS, rappelant le rôle du médecin du CROS , Antoine Devergée dans le développement de ce programme.

Diabète, maladie du siècle ?

Joffrey Drigny, jeune chercheur attaché au CHU de Caen, a dressé un tableau complet du diabète, insistant sur la croissance du diabète de type (T2) non insulino-dépendant, phénomène de société, qui touche 2 millions de nos compatriotes.

«  Il concerne les plus de 40 ans et a pour causes principales le surpoids, la sédentarité et une alimentation déséquilibrée »a-t-il ajouté.

Il a évoqué les études les plus récentes qui montrent l’impact de l’activité physique sur tous les types de diabète.

Dès le début du 19éme siècle, le premier diabétologue Apollinaire Bouchardat  accordait une grande importance à l'exercice physique dans le traitement de cette maladie.

«  IL  augmente la sensibilité à l’insuline, son intégration dans le muscle, retarde les complications et donne une meilleure estime de soi » a-t-il  ajouté en  précisant que les effets d’une activité physique  durent de 2 à 72 h.

«  Cela impose une fréquence de cette dernier de 2 jours »

Le débat sur la nature de l’activité physique à développer n’est pas clos, deux écoles  s’opposant :

Celle  d’une approche souple et l’autre  de l’effort intense par intervalles…sous contrôle médical, au moins au début (Programmes FITT).

Le renforcement musculaire  doit être étroitement associé  à tout protocole.

Des progrès techniques spectaculaires

Le Docteur Michael Joubert, diabétologue au CHU de Caen, a donné l’état de l’art en matière de traitement du diabète, surtout celui insulino-dépendant (T1).

« Les pompes à insuline devient de plus en plus intelligentes » a-t-il souligné « on peut espérer qu’a terme,   elles deviendront des pancréas artificiels »

Une telle évolution permet désormais à des diabétiques T1 de pratiquer un sport de haut niveau.

Le meilleur exemple en est le nageur Gary Hall qui a pu continuer sa carrière victorieusement malgré ce lourd handicap.

Retarder la dépendance

Autre phénomène de société, le vieillissement et la dépendance représentent des «  pathologies » pour lesquelles l’activité physique représente un acteur déterminant.

Le docteur Michel Trégaro a pu apporter un témoignage très circonstancié et original  de son action dans les EHPAD bretonnes.

« Plus on vieillit, plus il faut bouger » a-t-il insisté en citant Alexis de Tocqueville qui fut précurseur  en la matière quant à la prévention de la dépendance.

Le docteur Trégaro a ainsi développé des exercices physiques spécifiques à cette « ….population du 4ème âge…. »             «  … bien au-delà de l’aspect récréatif  largement utilisé…. ».

Il s’agit d’exploiter au maximum les possibilités physiques de cette population en leur proposant des activités régulières, adaptées et progressives.

Ceci nécessite la formation  d’éducateurs sportifs spécialisés, une formation spécifique et diplômante ayant été créée en Bretagne.

Un parcours d’exercices physiques spécifiques a été construit particulièrement apprécié des pensionnaires qui ont encore gardé un esprit de competition.

Le bilan actuel est très positif

« On observe moins de fractures et de demandes d’anxiolytiques » se félicite le docteur Trégaro.

Il n’en reste pas moins à faire reconnaitre ces actions par l’administration et la convaincre qu’elles retardent significativement la dépendance, prouvant ainsi leur rentabilité.

Médiathèque

Revivez les meilleurs moments de la FFSE grâce à ses photos et vidéos

En savoir +